Art et inspirations·Réflexions générales

Mythes et merveilles

Tous les écrivains, mais plus particulièrement ceux qui se consacrent aux genres de l’imaginaire, trouvent une source d’inspiration dans les mythes et légendes, qu’ils soient de notre partie du monde… ou bien plus exotiques. Je n’échappe pas à la règle ! J’ai donc décidé d’évoquer la façon dont les mythes apparaissent dans mes récits.

Qu’est-ce qu’un mythe ?

Il n’est pas si aisé de trouver une définition assez complète des mythes. Voici celle que je retiendrai :

1 – Récit relatant des faits imaginaires non consignés par l’histoire, transmis par la tradition et mettant en scène des êtres représentant symboliquement des forces physiques, des généralités d’ordre philosophique, métaphysique ou social.  En particulier : expression allégorique d’une idée abstraite; exposition d’une théorie, d’une doctrine sous une forme imagée.

2 – Évocation légendaire relatant des faits ou mentionnant des personnages ayant une réalité historique, mais transformés par la légende.

Elle est issue du CNRTL (centre national de ressources textuelles et lexicales), un site que je recommande chaudement à tous les amoureux de la langue !

Autrement dit, le terme de « mythe » recouvre pour moi un domaine assez large : ils peuvent toucher aux religions, aux légendes – y compris actuelles, à la littérature, à l’histoire… Je peux allègrement mélanger ces sources si besoin. Je prendrai trois exemples parmi mes récits où ces emprunts sont particulièrement nets : Sublimation, Paradis XXIV et Enfants du Ciel.

Sublimation : hommage et détournement

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Thulé – « Carta Marina »  de Olaus Magnus (1539)

Sublimation, sa suite Gladus Irae et son « spin off » Spriritus Mundi se déroulent dans un univers Belle Epoque légèrement alternatif, où les mythes sont assez réels pour que même les gouvernements s’en préoccupent. Sans trop spoiler, les mythes antiques gréco-romains y ont leur place, mais leur traduction dans cet univers est assez singulière.

Mais ce qui caractérise sans doute le plus cet univers, c’est qu’il fait référence par les thèmes comme par l’ambiance à ce que j’appellerai des mythes littéraires : en l’occurrence, ceux des romans fantastiques et feuilletonistes du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Les connaisseurs trouveront sans doute des références évidentes aux œuvres de Mary Shelley, Edgard Poe ou H.G. Wells, voire à celles de Lovecraft.

Et puis il y a aussi Thulé. J’ai toujours été séduite par les récits mettant en scène des civilisations perdues dans les brumes du passé, gardiennes de pouvoirs fantastiques ou de secrets impossibles… Pour les auteurs antiques comme leurs successeurs, cette contrée symbolise l’extrémité septentrionale des terres, voire le bout du monde, et se trouve couverte d’une épaisse chape de mystère. Bien évidemment, je ne suis pas sans connaître les détournements de cette légende par quelques sombres idéologies (ce qui explique peut être pourquoi elle est si peu exploitée), mais ma Thulé – ou plutôt ce qui est identifié comme tel par les personnages de cette histoire – n’est semblable à aucune autre…

Paradis XXIV : Dante et Henoch

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Dante et Béatrice au Paradis, par Gustave Doré

Si Sublimation tient des mythes antiques comme des croyances légendaires, Paradis XXIV fait directement référence à la Bible et aux mythes qui s’y rapportent, que ce soit la kabbale ou des livres apocryphes tels que celui d’Henoch, toujours reconnu dans l’église Ethiopienne : de là sont issus les noms des « modèles » d’Archanges 2. Mais aussi à la Divine comédie de Dante, qui a transfiguré à sa manière l’imagerie biblique. Dante, Béatrice, le dernier cercle du Paradis, la hiérarchie angéliques servent de référence à certains éléments qui n’ont peut-être rien de mystique, mais n’en sont pas moins symboliques.

On ne peut non plus écarter, à travers une histoire de SF qui mêle roman policier, space opera, cyberpunk et anticipation, des mythes très actuels (celui de la manipulation génétique appliquée aux être humains à des fins « utilitaires ») ou propres à la SF (le voyage spatial, la « solitude » apparente des humains… quand bien même leur destinée pourrait très bien ne pas leur appartenir…)

Enfants du ciel : revisiter un mythe ?

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Ange gardien, par Pietro di Cortone, 1656

Enfants du ciel est un livre qui parle d’anges, un sujet très populaire ces temps-ci. L’idée m’a été soufflée par un appel à textes, hélas annulé avant que j’ai pu écrire quoi que ce soit, mais j’ai eu le temps de concevoir les grandes lignes de l’histoire : elle se déroule dans un monde d’altitude pas très différent de celui de la bande dessinée Le Mercenaire de Segrelles, et met en scènes des humains et des anges…

L’histoire exploite le thème des anges gardiens… mais d’une façon assez singulière. Si le rapport avec la religion « classique » est quasiment absent (les anges sont essentiellement des êtres merveilleux comme dans la Merveilleuse visite d’H.G. Wells), le lien entre protecteur et protégé devient la cause et l’enjeu des différents développements de l’histoire et permet d’explorer différents concepts comme le bien, le mal, le devoir…

Une inspiration protéiforme

En bref, les mythes sont une puissante forme d’inspiration. Ils sont partout, y compris – et surtout – là où on les attend les moins…

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